Ecole de droit et de langue russe destinée aux migrants

Ecole des droits et de la langue russe pour les migrants

En novembre 2014, un nouveau projet a été lancé afin d’offrir des formations aux migrants et aux réfugiés. Nous voulions que les migrants et les personnes déplacées de force puissent participer à la vie de la communauté et apprennent à défendre leurs droits dans notre pays, et souhaitions ainsi faciliter leur intégration dans la société russe.

Chaque année, un nombre conséquent de personnes immigrent en Russie : rien qu’en 2013, 8 millions d’étrangers s’étaient enregistrés auprès des services de migration. Le phénomène migratoire est une nécessité économique vitale pour la Russie, mais la conception négative qu’en a la société fait des migrants des personnes « de seconde zone ».

Par conséquent, une structure hiérarchique arriérée s’est formée dans notre pays dont les migrants composent l’échelon inférieur. Cela conduit à la dégradation de la société russe et a des conséquences néfastes sur les relations entre migrants et populations d’accueil.

La plupart des personnes immigrant en Russie proviennent de pays dont les régimes politiques sont autoritaires, et n’ont pas intégré le concept de droits humains, ni la nécessité de les défendre et les moyens pour y parvenir. Nombreux sont ceux qui ont des problèmes psychologiques, dus aux conséquences dramatiques de leur départ et aux difficultés qu’ils rencontrent pour s’intégrer dans la société russe.

La plupart des migrants ne sont pas prêts à défendre d’eux-mêmes leurs droits en raison de plusieurs facteurs : l’absence de connaissances élémentaires sur les droits humains et la législation russe, et l’impossibilité de combler ces lacunes.

Pendant six mois, les participants au projet ont bénéficié de cours de droit, de langue russe, et d’informatique. Ils ont ainsi acquis des connaissances quant aux droits humains fondamentaux, aux moyens existants pour défendre leurs droits, aux règles en matières de relations avec les représentants des forces de l’ordre, aux moyens d’avoir recours à la justice, au droit à l’éducation pour les enfants, et aux moyens de résoudre les conflits.

Pendant les cours d’informatique, les participants ont acquis des connaissances élémentaires, grâce auxquelles ils pourront effectuer des tâches simples sur ordinateur : rechercher une information indispensable sur Internet ou travailler avec un logiciel de traitement de texte. Quant aux connaissances acquises en langue russe, elles permettent aux migrants de s’intégrer plus facilement dans la société et de participer plus activement à la vie communautaire.

Nous avions prévu six cours d’une durée de deux mois pour des groupes composés de 9 ou 10 personnes maximum, mais avons été obligés de réduire les activités à trois cours : le bailleur du projet, The National Endowment for Democracy (NED), est devenu la première organisation non-gouvernementale étrangère, dont les activités ont été interdites en Russie.